Éthiopie : regain de tensions avec l’Érythrée après la saisie de munitions destinées à des rebelles
Les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont ravivées après l’annonce, le 15 janvier 2026, par la police éthiopienne de la saisie de plus de 56 000 cartouches en région Amhara. Selon Addis-Abeba, ces munitions étaient destinées aux milices Fano, groupes armés issus de l’ethnie amhara, en insurrection depuis 2023 contre le gouvernement fédéral qui cherchait à les dissoudre.
Les autorités éthiopiennes affirment que la cargaison, transportée par camion, aurait été expédiée depuis l’Érythrée et acheminée via la région du Tigré, avec l’appui du Front populaire de libération du Tigré (TPLF). Elles y voient une tentative coordonnée de déstabilisation interne, dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Asmara a rejeté ces accusations avec vigueur. Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a dénoncé des « allégations fabriquées de toutes pièces », accusant l’Éthiopie de chercher des « prétextes » pour légitimer une guerre qu’elle « préparerait depuis deux ans ». Il s’agit d’un nouvel épisode d’une série d’accusations récurrentes : en octobre 2025, Addis-Abeba avait déjà imputé à l’Érythrée le soutien financier de groupes armés actifs en Amhara, accusations alors qualifiées de « mascarade » par Asmara.
Le gouvernement éthiopien a également mis en cause le TPLF, l’accusant de collusion avec l’Érythrée pour « fragmenter l’Éthiopie ». Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a dénoncé des accusations « sans fondement » et averti contre toute remise en cause de l’accord de Pretoria de 2022, qui avait mis fin à deux années de guerre meurtrière. Sur le plan régional, cette crise ravive les craintes d’une nouvelle conflagration dans la Corne de l’Afrique, déjà marquée par des équilibres sécuritaires extrêmement fragiles.
Avec les informations de Sahel Intelligence