Tunisie : le système pharmaceutique au bord de la rupture

Le 8 janvier, la crise du médicament en Tunisie a franchi un nouveau seuil d’alerte, selon les pharmaciens et médecins du pays. Depuis plusieurs mois, les ruptures de stock touchent des traitements essentiels, notamment pour l’épilepsie, les troubles de la thyroïde, le diabète ou encore les maladies psychiatriques. Dans certaines officines, ni le médicament d’origine ni son générique ne sont disponibles, mettant les patients chroniques en danger.

Les témoignages se multiplient : certains malades adaptent eux-mêmes leur posologie ou recherchent des boîtes dans plusieurs villes, souvent via les réseaux sociaux. Cette désorganisation compromet gravement l’équilibre thérapeutique des patients. Dans les cas les plus graves, comme l’épilepsie, ces absences de traitement peuvent entraîner des crises potentiellement mortelles.

La Tunisie produit localement environ 70 % de ses médicaments, mais surtout des traitements de base (antibiotiques, anti-inflammatoires). Les traitements spécialisés ou issus de la biotechnologie sont importés, et donc dépendants de financements extérieurs. Or, la pharmacie centrale, unique plateforme d’achat, manque de devises pour honorer ses commandes.

La situation est aggravée par les dettes de la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM), qui accuse plusieurs mois de retard dans ses remboursements aux pharmacies. Ce blocage financier accentue les tensions sur l’approvisionnement, avec un risque croissant de fermeture d’officines ou de rupture prolongée de traitements essentiels.

Avec les informations de RFI
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